RLOF050914Donner une seconde vie aux objets en recyclant, réparant ou détournant, c’est tout l’enjeu de l’économie de collecte. Vendredi, le collectif Ressourcerie partage son projet, en vue d’une création à Lisieux.

L’initiative
Après un grand ménage, un déménagement ou un projet de déco, que faire de ce qui n’est plus utile ? La déchèterie ? Non, il y a beaucoup mieux : la ressourcerie. Ok, mais kesako une ressourcerie ?« C’est un lieu doublement utile, résume Sabine Michaux, au sein du collectif qui porte le projet d’une ressourcerie à Lisieux,puisqu’il permet de donner une nouvelle vie aux objets en permettant le retour à l’emploi de ceux qui y travaillent. » Ce concept est arrivé du Québec, dans les années 2000, mais était déjà assez bien connu en France, avec les Compagnons d’Emmaüs…« Le réemploi n’a pas de limite, souligne Dan Delerue,pour faire face à la crise qui sévit actuellement, la ressourcerie est un bon remède. On y recycle, après restauration, une multitude d’objets voués à la destruction. » Et quand, parfois, on ose faire souffler sur ces objets perdus un vent de création, ils se parent d’un charme inattendu, qui les transforment en objets branchés : la ressourcerie est un gisement où le déchet est vraiment un trésor ! Pour le collectif qui a déjà expérimenté la gratiféria, ces foires à tout où tout est gratuit, le projet de ressourcerie à Lisieux mérite que l’on prenne le temps d’y réfléchir. Quand le réseau des ressourceries a commencé à éclore en France, on en comptait une dizaine, principalement dans le Nord et la Picardie, depuis l’idée à tellement bien fait son chemin, que l’on en recense 102 et qu’elles emploient près de 3 000 salariés.

Un bon modèle

À Lisieux, qui compte un bassin de population bien supérieur à 10 000 habitants, – qui est le minimum pour penser à une telle implantation -, le collectif veut mobiliser les énergies et organise une réunion d’information, vendredi, avec dans l’idée de créer l’association qui portera le projet… Car pour démarrer, la ressourcerie va avoir besoin de grands locaux…« A Coutances, qui est un bon modèle, explique Dan Delerue,l’association dispose de 500 m2 , dont la moitié est installée en magasin ouvert au public, tandis que le reste est réservé au stockage et à l’atelier. » Tandis que le projet bouillonne dans les têtes et sur le papier, Valérie Pissont, qui au-delà du recyclage voit dans le projet toute la dimension sociale, est confiante.« Nous sommes convaincus qu’il y a de bonnes opportunités. À Coutances, en 5 ans, l’association est passée de deux équivalents temps plein à dix. C’est motivant ! »

Anne BLANCHARD-LAIZÉ, Ouest France 7 septembre 2014.

Vendredi 12 septembre
Réunion d’information pour la création d’une ressourcerie, à 18 h, au centre social Caf, rue Taunton à Hauteville. Cette réunion est ouverte à tous : habitants, élus, chefs d’entreprise, responsables d’association etc. www.paysdaugeressourcerie.org et contact@paysdaugeressourcerie.org